Berrogüetto met fin à 18 ans de scène

Berrogüetto met fin à 18 ans de scène

 

Après 18 ans de carrière ininterrompue et cinq albums extraordinaires, le groupe galicien Berrogüetto annonce sa dissolution. Il est actuellement en tournée dans toute la Galice.Ber

 

Lorsqu’ il y a bientôt 15 ans, j’ai écouté pour la première fois un concert de musique galicienne, j’étais à Sarria au sud de Lugo et c’était un concert de Luar Na Lubre. J’ai été impressionné par les similitudes avec la musique bretonne. Non pas dans les thèmes bien sûr (encore que quelques danzas ressemblent fort à quelques andro) mais plutôt dans l’interprétation. Nous avons en commun une musique qui repose sur des mélodies relativement simples et des phrases répétées. La difficulté ne repose pas tant sur la technicité que sur l’interprétation et les arrangements qui sont réalisés.

Je retrouvais alors ce qu’on appelle habituellement en Bretagne le style. Une musique à la fois énergique et fière et en même temps pleine d’émotion, issue d’un terroir de labeur et de misère.

 

J’ai découvert Berrogüetto 2 ans plus tard, sur la place du lycée jésuite de Monforte de Lemos. C’était la nuit après une journée très chaude et le groupe se produisait dans un lieu magnifique, propre à la musique galicienne.

Berrogüetto né de la contraction des mots « Berro » et « Guetho » (le cri des opprimés) rassemblait des musiciens talentueux pour arranger et composer une musique personnelle à l’identité forte. Certes cette musique est galicienne mais elle est plus que cela, elle transcende les cultures et fait raisonner la voix de ceux que l’on n’entend pas.

 

Je me souviens avant tout de la voix de la chanteuse Guadi Galego (qui avait quitté le groupe en 1998), accompagnée avec finesse par la guitare de Guillerme Fernandez (le couple s’est reformé depuis) et les accords du chromatique de Santiago Cribeiro.

Je me rappelle de Quim Farinha au violon et de Isaac Palacin au percussions. Mais celui qui m’a le plus impressionné, par son énergie et sa virtuosité était Anxo Pintos. Principal compositeur de Berrogüetto, il passait allègrement de la gaïta au violon en passant par la vielle. Époustouflant, il incarnait sans contexte l’âme de ce groupe.

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Je me souviens de ce groupe étonnant qui ce soir là s’est regroupé autour de la batterie lorsque a capella, Guadi Galego s’est mise à interpréter un chant traditionnel galicien « bailador, baila con ella … ». C’était toute la Galice qui ressortait fière de sa musique, de sa culture et de son histoire.

 

Depuis ce temps, le groupe a continué à silloner le monde, nommé en 2006 aux Latin Grammy Awards dans la catégorie « meilleur album folk ».

 

Il restera de cette aventure des milliers de souvenirs à tous ceux qui ont eu la chance de les voir en concert à la Corogne ou à Saint Jacques de Compostelle et 5 albums, tous aussi brillants les uns que les autres :

  • Navicularia – 1996
  • Viaxe por urticaria – 1999
  • Hepta – 2001
  • 10.0 – 2006
  • Kosmogonías – 2010

 

Adeus Berrogüetto

Site internet : www.berroguetto.com

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